« Inutile de dire que dans ces conditions, la vie sur l’île aux Pommes est belle et agréable. Il y a les fruits délicieux,les jolies fleurettes, la vue d’un panorama magnifique – on y peut distinguer sept clochers d’église, - un paysage d’eau incomparable. Et il y a aussi les oiseaux : des oiseaux de toute nature, de mer et de grève, qui y font un séjour assez prolongé. »
Damase Potvin en 1945, Le Saint-Laurent et ses îles

Ce magnifique canard de mer, peu connu du grand public en raison de sa distribution plutôt nordique et maritime, donc loin des centres urbains et agricoles, est reconnu comme l’un des plus beaux canards à l’échelle de la planète et a fait l’objet de plusieurs études scientifiques au fil des ans.

réserveLe nom eider provient vient de l'islandais aedhar et le mot «édredon» en français, « eiderdown » en anglais, issu de son duvet, dériverait de oedardun. L’eider à duvet (Somateria mollissima), se retrouve sur les côtes d’Europe (Pays-Bas, Scandinavie, Grande-Bretagne, Russie), d’Islande, du Groenland, de l’est de l’Amérique (du Massachusetts aux îles du haut arctique canadien, y compris le Saint-Laurent, le Labrador et la baie d’Hudson), de l’Alaska, du Kamtchatka et de l’est de Sibérie et sa population globale est estimée à plus de 3 millions d’individus.

Si la femelle présente un plumage brun, plutôt terne, avec de nombreuses barres foncées, le mâle, en période nuptiale, arbore une livrée noire et blanche éclatante, une calotte noire, une nuque verte et une poitrine légèrement rosée. Le chant du mâle s’apparente alors à un roucoulement sonore : cou – rouuu.

réserveL’eider à duvet fréquente des régions maritimes à l’année, s’alimentant exclusivement d’organismes marins (mollusques et amphipodes), et ne s’aventure en milieu terrestre que pour la courte période (~1 mois) de nidification. Assez grégaire, il niche souvent en colonie de plusieurs centaines, voire milliers d’individus, presque toujours sur des îles où les prédateurs terrestres sont absents. Comparé aux autres espèces de canards, la femelle eider est la plus attentive à son nid, couvant presque continuellement ses œufs (en moyenne quatre œufs) pendant les quatre semaines d’incubation. Par contre, les mâles quittent la colonie de nidification cinq à sept jours après le début de l’incubation, et se dirigent vers des sites de mues. Les femelles s’occupent seules des canetons, les amenant vers les sites d’alimentation en eaux peu profondes et les protègent des attaques des prédateurs. La façon d’assurer cette surveillance maternelle est particulière chez l’eider : des groupements impressionnants de plusieurs couvées de canetons, des crèches, se constituent sous la surveillance et la protection des mères et d’autres femelles.

La colonie de canards eiders de l’île aux Pommes joue un rôle essentiel pour le maintien des populations de cet oiseau dans l’estuaire du Saint-Laurent et ces eiders n’appartiennent pas aux propriétaires de l’île. Cet environnement demeure fragile, mais une action intelligente de l’homme, doublée de partenariats ciblés et décisifs, contribuent à la conservation de la faune ailée. L’île constitue depuis les dernières décennies un laboratoire à ciel ouvert pour l’avancement de la science. L’accès aux scientifiques réalisant des recherches sur la faune aviaire demeurera ouvert. On protège bien ce que l’on connaît et cet aspect demeure une priorité. La colonie d’eiders à duvet de l’île aux Pommes est suivie annuellement par les spécialistes de la Société Duvetnor Ltée. Les biologistes font, une fois l’an, un inventaire où tous les nids sont localisés par les biologistes et systématiquement dénombrés. Le statut de chaque nid, à savoir s’il est en incubation, en éclosion, éclos, abandonné ou s’il a été détruit par un prédateur est aussi noté. Cet inventaire permet de suivre précisément l’évolution démographique des eiders qui nichent sur l’île.
Tableau : Nombre de nids d’eiders à duvet recensés sur l’île aux Pommes par le personnel de Duvetnor entre 2000 et 2013. Noter qu’en 2002, seulement une portion de l’île a été inventoriée en raison de l’épidémie de peste aviaire qui a sévi durant cette saison de reproduction.

Désormais, l’île aux Pomme supporte la deuxième plus importante colonie de canards eider à duvet du Saint-Laurent. En 2013 on a dénombré 2 595 nids.

L’île aux Pommes étant située au beau milieu de l’estuaire maritime du Saint-Laurent, à proximité de l’embouchure du Saguenay, au cœur même du corridor de migration le plus important du nord-est de l’Amérique et reconnu comme tel, elle devient une oasis privilégiée pour cette faune aviaire.

Les haltes migratoires, telles que l’île aux Pommes et son habitat aujourd’hui riche en petits fruits, insectes, graines et couvert végétatif offrant une protection adéquate, constituent pour certaines espèces, des endroits de prédilection, voire essentiels à leur long périple. La protection de ces zones devient un enjeu primordial pour la survie des espèces.

Au fil des ans, 135 espèces d’oiseaux furent observées.

Par Gaston Déry, Austin Reed / Réginald Ouellet

1. Oies des neiges 28. Plongeon huard 55. Chevalier grivelé 82. Martinet ramoneur 109. Paruline à poitrine baie
2. Bernache cravant 29. Plongeon catmarin 56. Maubèche des champs 83. Colibri à gorge rubis 110. Paruline flamboyante
3. Bernache du Canada 30. Grèbe à bec bigarré 57. Tournepierre à collier 84. Martin-pêcheur d’Amériques 111. Paruline masquée
4. Cygne tuberculé 31. Grèbe esclavon 58. Bécasseau maubèche 85. Pic flamboyant 112. Sturnelle des prés
5. Canard chipeau 32. Fou de Bassan 59. Bécasseaux roux 86. Moucherolle à côtés olive 113. Tarin des pins
6. Canard d’Amérique 33. Cormoran à aigrettes 60. Bécasseau minuscule 87. Hirondelle rustique 114. Bruant hudsonien
7. Canard noir 34. Butor d’Amérique 61. Bécasseau violet 88. Hirondelle bicolore 115. Bruant familier
8. Canard colvert 35. Grand Héron 62. Bécasseau sanderling 89. Corneille d’Amérique 116. Bruant des champs
9. Sarcelle à ailes bleues 36. Bihoreau gris 63. Bécasseau roux 90. Grand Corbeau 117. Bruant chanteur
10. Canard souchet 37. Balbuzard pêcheur 64. Bécasseau variable 91. Mésange à tête noire 118. Bruant des marais
11. Canard pilet 38. Pygargue à tête blanche 65. Bécasseau à poitrine cendrée 92. Sitelle à poitrine rousse 119. Bruant des prés
12. Sarcelle d’hiver 39. Busard Saint-Martin 66. Bécasseaux à croupion blanc 93. Grimpereau brun 120. Bruant fauve
13. Fuligule à tête rouge 40. Épervier brun 67. Pluvier semipalmé 94. Troglodyte des forêts 121. Bruant à gorge blanche
14. Fuligule à collier 41. Épervier de Cooper 68. Phalarope à bec étroit 95. Roitelet à couronne rubis 122. Bruant à couronne blanche
15. Fuligule morillon 42. Autour des palombes 69. Mouette tridactyle 96. Merle d’Amérique 123. Junco ardoisier
16. Eider à duvet 43. Buse à queue rousse 70. Goéland argenté 97. Étourneau sansonnet 124. Plectrophane Lapon
17. Eider à tête grise 44. Aigle royal 71. Goéland marin 98. Grive fauve 125. Alouette hausse-col
18. Macreuse à front blanc 45. Crécerelle d’Amérique 72. Mouette de bonaparte 99. Plectrophane des neiges 126. Carouge à épaulettes
19. Macreuse à bec jaune 46. Faucon émerillon 73. Goéland à bec cerclés 100. Pipit d’Amérique 127. Quiscale bronzé
20. Macreuse brune 47. Faucon pèlerin 74. Goéland arctique 101. Paruline à tête cendrée 128. Quiscale rouilleux
21. Petit Garrott 48. Gerfaut 75. Sterne pierregarin 102. Paruline à croupion jaune 129. Vacher à tête brune
22. Garrot à œil d’or 49. Petite buse 76. Petit Pingouin 103. Paruline à gorge jaune 130. Roselin pourpré
23. Garrot d’Islande 50. Buse pattue 77. Guillemot à miroir 104. Paruline à gorge orangé 131. Roselin familier
24. Harle couronné 51. Pluviers kildir 78. Nyctale de Tengmalm 105. Paruline à gorge noir 132. Sizerin flammé
25. Grand Harle 52. Pluvier argenté 79. Harfang des neiges 106. Paruline obscure 133. Chardonneret jaune
26. Harle huppé 53. Grand chevalier 80. Chouette rayée 107. Paruline à joues grises 134. Gros-bec-errant
27. Harelde kakawi 54. Petit chevalier 81. Petite Nyctale 108. Paruline tigré 135. Moineau domestique

Nous joindre

Société de protection et d’aménagement de l’île aux Pommes

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www.ile-aux-pommes.org

Liens utiles

Radio-Canada, La semaine verte: “Le gardien de l’île”.
À voir sur Archives de Radio-Canada en cliquant ici
Radio-Canada, La semaine verte: “La planète des eiders”.
À voir sur Archives de Radio-Canada en cliquant ici
- Gouvernement du Québec, “Réserve naturelle de l’île aux Pommes” sur
Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs
http://www.mddep.gouv.qc.ca/iles-pommes/index.htm
- Nature Québec, ZICO
http://www.naturequebec.qc.ca/zico/
- Journal Le Soleil, Jacques Samson, Chronique Oiseaux et compagnie, “Bienvenue
à l’île aux Pommes”
http://www.lapresse.ca/le-soleil/bienvenue-a-lile-aux-pommes.php
- Journal Le Soleil, Richard Boisvert, “L’île aux Pommes en héritage, l’île du bout
du rêve”
http://www.lapresse.ca/lile-aux-pommes-en-heritage.php -